RAOULE, se lève et prend un air cérémonieux
Cette semaine-là, je me trouvais en rase campagne et passais les plus belles vacances de ma vie. Un beau matin, je pénétrai, telle l’espionne, dans une cour et vis, à ma gauche, une vaste étable dont les propriétaires pouvaient s’enorgueillir. En voyant la porte de l’étable entrouverte, une demi-douzaine de poules firent irruption en pépiant sur la pointe des pieds, et en entendant une demi-douzaine de poules faire irruption en pépiant sur la pointe des pieds, une dizaine de moutons poursuivis par une centaine d’oies, une portée de porcelets et une couvée de canetons foncèrent dans un tas de fumier et renversèrent malencontreusement et sans s’en apercevoir un seau, deux bidons, trois barattes et un soutien-gorge ourlé de dentelle ainsi qu’un slip pour homme, un gilet de corps, des bretelles, un chandail à col roulé, un chapeau de feutre mou et à large bord, une paire de semelles orthopédiques, une robe de chambre mauve rapetassée, des chaussures montantes vernies, un ciré, un survêtement de danse rythmique, un manteau de fourrure élimé, un jupon assorti, une paire de bas usés jusqu’à la corde, un imperméable tapageur et un blazer flambant neuf que quelqu’un avait manifestement dissimulés sous une jupe elle-même roulée en boule et jetée dans une trayeuse hors d’usage, non loin d’un hangar malpropre qui s’écroula subitement et tomba en ruine, et…
PAUL, interloqué
C’est tout ?
|